Cercle Paul Morand

A la rencontre de l'homme pressé

Un lecteur nous écrit

Publié le 13 Mars 2020 par Cercle Paul Morand in Billet

Morandien depuis que j’ai découvert Morand, Venises, 1971… J’ai aimé et j’aime dans l’ombre, le grand (très grand) Paul, en lisant tout ou quasi tout ! Je n’ai jamais désarmé, quoique l’on ait pu écrire, l’œuvre, l’homme, etc.

Je lis le texte liminaire de Gabriel Jardin avec émerveillement, car il intègre la donne psychologique. Paul se fuyait à lui-même, oui. Derrière cette fuite, consommée avec les parutions post-mortem qui ressemblent à une forme d’autodafé suggérée, ne décèle-t-on pas aussi, le poids du père, Eugène Morand ? Cette éducation dans laquelle il y avait l’art au centre, certes, mais aussi un négativisme ambiant, fin XIXème, pour lequel Morand lui-même se remémore le « souviens-toi de te méfier » de Schopenhauer.

Au-delà de ce « façonnement », il y eut ce que Eugène n’a pas eu : l’exposition au succès littéraire puis le retrait, eu égard à ses engagements pour Pétain. Bien entendu, tout cela n’est qu’un zoom, nulle intention en dix lignes de réécrire la complexité de Paul Morand. Mais en soi, à travers ces trois aspects – éducation, succès, retrait – n’y avait-il pas, déjà, matière à se fuir soi-même ?

Que vive Paul Morand !

Éric Gillot, auteur, mars 2020. 

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