Publié par Cercle Paul Morand

Morandien depuis que j’ai découvert Morand, Venises, 1971… J’ai aimé et j’aime dans l’ombre, le grand (très grand) Paul, en lisant tout ou quasi tout ! Je n’ai jamais désarmé, quoique l’on ait pu écrire, l’œuvre, l’homme, etc.

Je lis le texte liminaire de Gabriel Jardin avec émerveillement, car il intègre la donne psychologique. Paul se fuyait à lui-même, oui. Derrière cette fuite, consommée avec les parutions post-mortem qui ressemblent à une forme d’autodafé suggérée, ne décèle-t-on pas aussi, le poids du père, Eugène Morand ? Cette éducation dans laquelle il y avait l’art au centre, certes, mais aussi un négativisme ambiant, fin XIXème, pour lequel Morand lui-même se remémore le « souviens-toi de te méfier » de Schopenhauer.

Au-delà de ce « façonnement », il y eut ce que Eugène n’a pas eu : l’exposition au succès littéraire puis le retrait, eu égard à ses engagements pour Pétain. Bien entendu, tout cela n’est qu’un zoom, nulle intention en dix lignes de réécrire la complexité de Paul Morand. Mais en soi, à travers ces trois aspects – éducation, succès, retrait – n’y avait-il pas, déjà, matière à se fuir soi-même ?

Que vive Paul Morand !

Éric Gillot, auteur, mars 2020. 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article